Violence

La doxa, communément admise,
Agamemnon, alias Eschyle, a dit :

« La violence a coutume d’engendrer la violence. »

dixit Agamemnon dans la pièce du même nom de Eschyle, dramaturge grec [525-456 avant J.C.]

Le point de vue “bourgeois” :

« Je ne peux pas admettre la violence, même contre la violence. »

dixit Roger Martin du Gard, écrivain, dramaturge français [1881-1958]

Non-violence

Le chantre de la non-violence, Mahatma Gandhi [1869-1948] :

« La victoire obtenue par la violence équivaut à une défaite,
car elle est momentanée. »

« La non-violence ne consiste pas à renoncer
à toute lutte réelle contre le mal.
C’est au contraire, contre le mal, une lutte plus active
et plus réelle que la loi du talion. »

Paradoxe

Pourtant, la violence, n’est-elle pas, parfois, le seul recours de celles et ceux qui sont opprimé.es par la violence “sourde” et silencieuse des institutions “bourgeoises” ?

Violence première, comme système

Frantz Fanon [1925-1961], psychiatre martiniquais, analyse :

« Le colonialisme n’est pas une machine à penser,
n’est pas un corps doué de raison.
Il est la violence à l’état de nature
et ne peut s’incliner que devant
une plus grande violence. »

in Les Damnés de la Terre (1961)

Frantz Fanon nomme l’indicible : la colonisation n’est pas une mission civilisatrice, mais une entreprise brutale de domination, d’exploitation, un système fondé sur l’écrasement, la dépossession, la coercition ; la violence.

Instrument pour diviser

Frantz Fanon constate que :

« Le système colonial alimente les chefferies
et réactive les vieilles confréries maraboutiques. […] »

in Les Damnés de la Terre (1961)

Frantz Fanon en déduit que :

« La violence dans sa pratique
est totalisante, nationale. »

in Les Damnés de la Terre (1961)

Contre-violence, comme libération

Frantz Fanon ne prône pas la violence gratuite, mais il en reconnaît la vertu cathartique. Dans un système qui nous nie, la révolte physique est souvent la première affirmation existentielle.

Frantz Fanon en conclut :

« Au niveau des individus,
la violence désintoxique.
Elle débarrasse le colonisé
de son complexe
d’infériorité. »

in Les Damnés de la Terre (1961)

Violence légitime

Réprimer la violence de celles et ceux qui sont opprimé.es par la violence des institutions,… précarité, injustices, inégalités d’accès aux soins, à l’éducation, au travail, aux transports, à l’eau, à une l’alimentation saine, à la protection sociale, aux administrations, discriminations en tout genre, etc.

Leur demander de “se calmer”, de parler moins fort, de rester polis dans leur révolte, de ne pas brûler de poubelles,…

N’est-ce pas le stade ultime de la violence ?

LIRE POUR APPROFONDIR :

  • Frantz Fanon, Les Damnés de la Terre (1961),
  • Jeanette Ehrmann et Felix Trautmann, La Libération de la Violence, Force et fureur de l’émancipation selon La Boëtie et Fanon, in Hypothèses 2012, éditions de La Sorbonne, pages 273 à 288 (disponible en ligne sur Cairn.info : https://doi.org/10.3917/hyp.121.0273 ).

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