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« By any means necessary »

Si la fin ne justifie pas les moyens, pour autant n’y a-t-il pas des buts et des causes qui méritent que soient mobilisés tous les moyens nécessaires pour y parvenir ?

Quand en 1960 dans son discours d’Accra au Ghana dans le cadre de la Positive Action Campaign, Frantz Fanon appelle à la :

« … résistance noire par tous les moyens nécessaires »

Il parle de boycott, de désobéissance civile, d’éducation populaire.

Les bons moyens ?

La formulation fait peut-être référence au dialogue entre Hugo et Hoederer dans le 5ème tableau de la pièce de Jean-Paul Sartre, sortie en 1948, Les Mains Sales :

HUGO. – Tous les moyens ne sont pas bons.
HOEDERER. – Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.

Des moyens efficaces pour parvenir à ses fins

Sauf qu’alors les deux personnages discutent de la nécessité de mentir à leurs camarades au sein du “Parti” si cela doit servir la fin, l’idéal poursuivi, la lutte menée. Hoederer qui a plus d’expérience défend l’idée qu’ils ont toujours menti, tandis que Hugo, novice et sans doute plus idéaliste que pragmatique (au sens Machiavélique) interroge ces moyens:

HUGO. – […] À quoi sert de lutter pour la libération des hommes, si on les méprise assez pour leur bourrer le crâne ?

Tous les moyens !

C’est Malcolm X qui reprend à son compte cette idée dans son discours du 28 juin 1964 à Manhattan, New York :

« Voilà notre devise. Nous voulons la liberté par tous les moyens nécessaires. Nous voulons la justice par tous les moyens nécessaires. Nous voulons l’égalité par tous les moyens nécessaires. »

Discours qui fait suite à celui du 3 avril 1964 à Cleveland dans l’Ohio : le vote ou le fusil” !

Pour rappel, le président JFK, favorable au droits des afro-états-uniens est assassiné en 1963, le Civil Right Act n’est adopté et signé par le président Johnson qu’en juillet 1964 et le Voting Right Act qu’en août 1965.

Quels moyens ? Quelles fins ?

Quand on sait que la lutte pour l’égalité des droits civiques aux États-Unis d’Amerique a été menée par des moyens essentiellement pacifiques, et que ces derniers ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre…

Qu’est-ce qui a réellement joué de manière déterminante dans le fait que les militant•es des droits civiques parviennent à leurs fins ?

DOCUMENTS POUR APPROFONDIR :
EN LIEN AVEC L’ACTUALITÉ :

La journaliste Julia Pagé et le réalisateur Frédéric Lacelle sont allés à Philadelphie, aux États-Unis, pour rencontrer les membres d’un groupe qui se présente comme le Black Panther Party for Self-Defense. Armés d’AK-47, les membres du parti patrouillent dans leur voisinage pour défendre les citoyens contre la violence policière.

Le retour du mouvement des Black Panthers, qui avait vu le jour dans les années 1960, s’inscrit dans un climat de tensions accrues autour de l’ICE, la police fédérale de l’immigration, dont les opérations ont été intensifiées depuis le retour de Donald Trump à la présidence. Cette montée en force de l’ICE a été marquée début janvier 2026 par la mort de Renee Nicole Good, une citoyenne américaine de 37 ans, tuée par un agent à Minneapolis. Cet événement a déclenché des manifestations et une vive émotion à l’échelle nationale, et relance les critiques contre les méthodes de l’agence, qui affirme avoir procédé à plus de 605 000 expulsions depuis janvier 2025.

* Deux jours après la publication de notre reportage, Paul Birdsong a publié une vidéo dans laquelle il explique qu’Aaron Dixon, un ancien membre des Black Panthers qui le mentorait et lui avait permis d’utiliser le nom « Black Panther Party for Self-Defense », a retiré son soutien au groupe. Ils ont donc décidé de se renommer « Black Lion Party for International Solidarity ». Toutefois, leur mission et leurs activités demeurent les mêmes.

La fin justifierait les moyens ?

Quelle légitimité et quelle pérénité conserve une victoire si elle est obtenue par des moyens contestables, voire contraires aux valeurs défendues ?

Le pasteur baptiste et militant non-violent états-unien pour le mouvement des droits civiques Martin Luther King, défend l’idée qu’au contraire, la fin ne justifie pas les moyens dans son ouvrage La Révolution Non Violente [« Why We Can’t Wait »], édition Signet Classics (1964).

La fin justifie les moyens

L’adage populaire est attribué à tort à Machiavel.

En effet c’est un raccourci de la question de philosophie politique que défend de manière plus complexe et contrastée l’auteur dans Le Prince (1532).

Machiavel explique que pour maintenir le pouvoir et garantir la stabilité de l’état, un dirigeant doit parfois prendre des décisions immorales ou brutales, quitte à mentir ou recourir à la violence.

Dans Le Prince (1532), il écrit :

« Il est plus sûr d’être craint que d’être aimé. »

Cynisme ou pragmatisme ?

L’idée et son contraire sont défendus par de nombreux philosophes, poètes, dramaturges, hommes politiques…

« En fonction de la noblesse de la cause et des civilisations, la faute commise peut être pardonnée. »

[cf. le site web Raven et Caramel]

La controverse

La question est :

Comment évaluer, selon les circonstances, que la fin justifie ou pas les moyens ?

Comment connaître les véritables intentions de celleux qui emploient tous les moyens pour parvenir à leurs fins ?

A SUIVRE :

« By Any Means Necessary »

Indien(ne) ? Indigène ?

« Nous ne sommes ni indiens, ni indigènes, car ce sont des mots “inventions” des Espagnols avec lesquels ils ont amalgamés des centaines de cultures qui existaient sur ce territoire bien avant eux. Nous ne sommes pas “zapotèques” parce que c’est un mot d’origine Nahuatl par lequel nous ont appelés nos alliés mexicains. Mais oui nous sommes Buin Zaa, le peuple des nuages, parce que c’est ainsi que nous nous appelons, parce que c’est ainsi que nous nous auto-dénommons. Mais jamais personne ne nous a écouté, jamais personne ne nous a consulté. »

Extrait du discours de Itayetzi Alexandra Chacón Pérez, à l’occasion du Certamen Diosa Centéotl 2023.

Amérindien(ne) ?

1) Adj. Relatif aux Indiens d’Amérique.
2) Subst. Indiens d’Amérique.

Mot inventé en langue française, qui n’existe dans aucune autre langue européenne…

Source : TLFi

Indien(ne) ?

Adjectif et substantif
B) Indigène d’Amérique.
Synon. Amérindien.

Tout ça parce que les européens ont cru “découvrir” les Indes quand ils ont débarqué en Amérique…

Source : TLFi

Indigène ?

Adjectif
Qui est originaire du pays où il se trouve, […] où il habite.
Anton. exotique.
Emploi subst. Personne native du pays où elle vit et où ses ascendants ont vécu depuis une époque reculée.

Source : TLFi

Vie et voyages de Christophe Colomb (1852) Honeurs attribués à la Reine Anacaona

Natif(ve) ?

Adjectif
[En parlant d’une pers.]
Natif (de) + compl. de lieu.
Qui est originaire de tel endroit (lieu de résidence de la famille pendant un certain temps).
— Emploi subst.
Synon. indigène, naturel.

Source : TLFi

Naturel(le) ?

Adjectif et substantif
Subst. masc. ou fém., vieilli. Personne qui est originaire du pays, de la région dont il est question.
Synon. aborigène, autochtone, indigène, natif.

Source : TLFi

Aborigène ?

— Emploi adj. [En parlant de pers. ou de plantes] […]
— Emploi subst. [Généralement au plur.] Les aborigènes. Habitants originaires du pays où ils vivent.

Source : TLFi

Autochtone ?

Adjectif et substantif
[En parlant d’une pers.] Originaire du lieu où il habite et que ses ancêtres ont également habité.
— Emploi subst. :
Personne née dans le pays même où elle habite, dont les ancêtres ont vécu dans le pays.

Source : TLFi

Local, locaux ?

Adjectif et substantif
1) Qui concerne un lieu, une région, lui est particulier. […]
— Employé comme substantif pluriel
Les locaux : les habitants du lieu.

Source : Le Robert

Comment dénommer l’autre, sans la connotation péjorative d’un rapport de domination ?

De ces huit mots, lequel utilisez-vous ?
Dites-le en commentaire !

États-unien(ne)

[suite de Américain(e)]

Adjectif
Propre aux États-Unis d’Amérique ou à ses habitants et habitantes.

Substantif
Personne qui habite les États-Unis d’Amérique, qui y est née ou en est originaire.

Et l’Amérique ?

Cette partie du monde s’appelle ainsi d’après le prénom du commerçant et navigateur florentin Amerigo Vespucci, qui a voyagé quatre fois dans cette partie du monde, deux fois pour l’Espagne et deux fois pour le Portugal.

Amérigo

Amerigo Vespucci serait aussi l’auteur d’un ouvrage intitulé “Mundus Novus”, qui évoque le “Nouveau Monde” et lui aurait vallu l’honneur que cette partie du monde soit ainsi dénommée.

Certains historiens en contestent la paternité.

Découverte ?

Non seulement Amerigo Vespucci n’a rien découvert, car on ne “découvre” pas une partie du monde qui est déjà habitée par d’autres individus de la même espèce humaine. Il n’y a pas de “découverte”. Tout juste une rencontre culturelle.

Nouveau ?

Mais en plus ce monde n’a rien de “nouveau” pour ladite espèce humaine productrice de ce point de vue et de ce discours, puisque d’après les recherches génétiques (2008) les premiers Américains sont arrivés il y 23 000 ans, au plus, en une seule vague.

Ces premiers migrants ont investi l’Amérique du Nord. Puis il y a 13 000 ans la population d’origine s’est séparée en deux et l’une des deux s’est aventurée en Amérique du Sud.

Source : https://www.hominides.com/

Et ces peuplades humaines qui ont colonisé les premières cette partie du monde aujourd’hui dénommée Amérique, elles arrivaient d’où d’après vous ?

D’Asie de l’Est, de Sibérie !

Alors, de qui, de quoi, et d’où parlons-nous quand nous disons “américain” ?

Américain(e)

Adjectif
Propre à l’Amérique ou à ses habitants et habitantes.

Substantif
Personne qui habite l’Amérique, qui y est née ou en est originaire.

Source : TLFi

Une des cinq parties du monde, l’Amérique est limitée par l’océan Pacifique à l’ouest, l’océan Atlantique à l’est, l’océan Arctique au nord et l’océan Austral au sud.

On distingue trois grands ensembles : l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud constituent l’essentiel du continent et sont séparées par un isthme formant (ou non) avec les Antilles l’Amérique centrale.

Source : Larousse

Par conséquent, toutes les personnes nées ou originaires de cette région du monde sont américaines.

Certes, les habitants des États-Unis sont américains.

Tout comme…

Les Canadiens sont américains.
Les Mexicains sont américains.
Les Cubains sont américains.
Les Guadeloupéens…
Les Vénézueliens…
Les Colombiens…
Les Brésiliens…
sont américains !

Il n’y a pas de citoyenneté ou de nationalité “américaine” qui désigne exclusivement les membres d’un seul et unique État.

Désigner les seuls citoyens et citoyennes des États-Unis par le terme “américain(e)” est inexact.