Déconstruire les idées reçues sur la sécu
Vous retrouvez ici neuf idées reçues sur le système de sécurité sociale de notre pays, véhiculées par les libéraux pour justifier de le détruire progressivement. Chaque idée reçue est suivie des arguments qui permettent de la déconstruire, lesquels s’appuient sur des données chiffrées et des sources documentaires factuelles.
Cette matière est aussi le contenu livré aux participant.es dans le cadre de l’atelier « déconstruction des idées reçues sur la sécu » pouvant être mise en place sous la forme d’un jeu, « le bingo des libéraux » dont suivent les règles.
RECHERCHES DOCUMENTAIRES ET DEVELOPPEMENT ARGUMENTAIRE : Alison Dutait ♡♡♡ et L’Acharnée.
- Déconstruire les idées reçues sur la sécu
- Nº1 : LES ASSURES ABUSENT DES ARRÊTS MALADIE !
- Nº2 : LES CHARGES SOCIALES PESENT TROP SUR LES PATRONS !
- Nº3 : LE SYSTÈME DE LA SÉCU EN FRANCE EST TROP GÉNÉREUX !
- Nº4 : LA SÉCU FABRIQUE DES ASSISTÉ.ES !
- Nº5 : LES ETRANGERS VIENNENT EN FRANCE POUR PROFITER DE LA SÉCU.
- Nº6 : LA SÉCU, CE SONT DES IMPÔTS EN PLUS!
- Nº7 : IL FAUT RÉFORMER LA SÉCU !
- Nº8 : LA SÉCU, JE LA FINANCE POUR QUE D’AUTRES EN PROFITENT !
- Nº9 : LA SSA EST UNE UTOPIE !
- LE BINGO DES LIBÉRAUX : RÈGLES DU JEU
- QU’ONT-ILS ET ELLES DIT OU FAIT QUI CONTRIBUE À DÉTRUIRE LE SYSTÈME DE SÉCURITE SOCIALE ?
- André MORICE (1900-1990)
- Jean-Marcel JEANNENEY (1910-2010)
- Michel ROCARD (1930-2016)
- Nicolas SARKOZY (1955-)
- Alain JUPPE (1945-)
- François FILLON (1954-)
- Eric WOERTH (1956-)
- François HOLLANDE (1954-)
- Marisol TOURAINE (1959-)
- Gabriel ATTAL (1989-)
- Emmanuel MACRON (1977-)
- Edouard PHILIPPE (1970-)
- Elisabeth BORNE (1961-)
- Olivier DUSSOPT (1978-)
- Bruno LEMAIRE (1969-)
- Bruno RETAILLEAU (1960-)
- Marion MARECHAL-LEPEN (1989-)
- Eric ZEMMOUR (1958-)
- SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES
- POUR APPROFONDIR
- POUR CHANGER LA VIE
- * LEXIQUE

Nº1 : LES ASSURES ABUSENT DES ARRÊTS MALADIE !
« Il faut responsabiliser les assurés et les patients pour préserver notre modèle social. »
« La fraude est généralisée, tant chez les assurés que chez les médecins qu’il faut contrôler. »
« Les français abusent des arrêts maladie. »
Le gouvernement s’est lancé dans la chasse aux arrêts maladie et aux fraudeurs tous azimuts se basant sur une donnée : l’augmentation du nombre d’arrêts et la hausse de 45% des Indemnités Journalières (IJ) maladie et Accident du Travail – Maladies Professionnelles (AT-MP) depuis 2019. Ainsi, le gouvernement répond en sanctionnant et en agitant l’argument de la fraude au lieu de s’attaquer aux mauvaises conditions de travail qui entrainent des arrêts maladie et aux raisons structurelles plus profondes de leur envolée :
1) Allongement de la durée du travail avec les différentes réformes des retraites, ajouté au vieillissement de la population active : des travailleurs plus vieux qui travaillent plus longtemps, donc plus fragiles et victimes d’usure professionnelle. Le passage de l’âge de retraite de 60 à 62 ans ayant entrainé une augmentation significative des arrêts maladie de plus longue durée et plus fréquents.
2) Progrès de la médecine : Des personnes plus fragiles sont présentes dans le monde du travail, en dehors des seniors. Cela s’explique par une bonne nouvelle, à savoir les progrès de la médecine.
3) Mais des maladies chroniques évolutives sont de plus en plus nombreuses : diabète type II, ostéoporose, cancers, asthme, arthrose, etc…
Le nombre de personnes concernées augmente donc en conséquence :
4) Les aidants familiaux et leur multiplication :
D’autres phénomènes peuvent venir fragiliser les personnes comme le fait de devoir aider des parents, des grands-parents en perte d’autonomie ou un proche handicapé. En France, en 2021, les aidants représentaient 9,3 millions de personnes. Celles-ci sont plus fatiguées, plus vulnérables et peuvent tomber malades plus facilement. Ce que confirme une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) en 2023. On y apprend que les proches aidants, dont la majorité a entre 55 et 64 ans, déclarent nettement moins souvent que la population générale être en bonne santé.
5) Les mauvaises conditions de travail :
L’absentéisme augmente fortement avec le niveau d’exposition aux contraintes physiques :
- Postures pénibles qui entrainent des Troubles Musculo-Squelettiques (TMS),
- Diverses maladies professionnelle liées aux port de charges lourdes, exposition aux bruits et vibrations, contact de produits dangereux.
Mais aussi avec les contraintes psychosociales : risques d’accident, contraintes excessive de temps dans l’accomplissement des tâches, tâches aliénantes et répétitives, expositions à des agressions verbales et physiques.
Des conditions de travail qui se sont fortement détériorées depuis la présidence Macron. Pour preuve, la suppression des CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail) en 2017 a entrainé une explosion des accidents de travail et du nombre de morts au travail : 550 en 2017 , 733 en 2019 et 903 en 2023 ! Ne prenant pas en compte par ailleurs les décès liés aux accidents de trajet et des suites de maladies professionnelles (1227 en 2022, 1297 en 2024).
« Plus de 100 000 travailleurs de moins de 25 ans sont accidentés tous les ans en France et au moins 423 ont trouvé la mort depuis 2020. » (Mort au travail : pourquoi cette hécatombe chez les jeunes de moins de 25 ans, in L’Humanité, 28 avril 2026)
Le gouvernement veut il s’attaquer donc aux arrêts de courte durée ?
En réalité, ces arrêts maladie de courte durée ne relèvent pas d’abus mais suivent le rythme des maladies saisonnières (grippes ou gastro-entérites) comme l’indique une étude de la DARES (Direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques) menée en 2023.
Ne faut-il pas plutôt travailler à réduire les sources d’empoisonnement de la population liées à l’agriculture industrielle ?
Les participations Forfaitaires et Franchises* sont censées « responsabiliser les assurés » (100€ par an et plus de toutes les taxes servant au financement). Elles sont payées par tous les assurés y compris ceux atteint.es de pathologies chroniques lourdes reconnues comme des Affection Longue Durée (cancer, diabète…). Il s’agit là d’imposer dans le débat public l’image d’un patient client et consommateur, et l’idée culpabilisante que le malade serait en quelque sorte responsable de sa pathologie. Une manœuvre idéologique pour justifier toutes les réformes détruisant le système et creusant l’inégalité dans l’accès au soin.
Conclusion : c’est FAUX ! Les arrêts longs de complaisance n’existent pas. On ne s’invente pas un cancer, une pathologie cardiorespiratoire ou une grosse dépression. En bref, ça n’est pas parce qu’on réduit les dépenses de santé que les gens vont arrêter d’être malade… (Serge Volkoff, chercheur, statisticien et ergonome au Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET), programme du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM))
Alors oui, il y a des fraudeurs, mais peut-être pas ceux désignés par Bruno le Maire ! En effet en 2024, la fraude sociale est estimée à 13 milliards d’€, alors que la fraude fiscale, à 120 milliards d’€ !
Nº2 : LES CHARGES SOCIALES PESENT TROP SUR LES PATRONS !
« La compétitivité de nos entreprises est plombée par les « charges sociales ». »
« C’est toujours les mêmes qui paient ! »
« Il faut réduire le coût du travail. »
Les libéraux prônent depuis plusieurs décennies une politique de lutte contre l’augmentation des salaires tandis que les exonérations de cotisations détruisent notre modèle.
Le langage et les mots pour désigner les concepts révèlent toujours une orientation politique. Les » charges » dans la bouche des libéraux sont en fait le salaire socialisé qui permet aux travailleurs et à l’ensemble de la société de s’assurer contre les risques de la vie. Ces cotisations sont du salaire différé, de la richesse produite par les travailleurs (plus-value). En réalité le budget de la Sécurité sociale, c’est la récupération par les travailleurs du fruit de leur travail, c’est autant qui ne finit pas dans les poches des capitalistes, et fait baver les actionnaires !!!
Les exonérations de cotisations se font au nom de la croissance, de l’emploi et de la compétitivité, mais en réalité cette stratégie ne fonctionne pas précisément en terme d’emploi et de compétitivité, car elle ne profite qu’à des secteurs non exposés à la concurrence internationale et entraine une diminution des recettes sapant le modèle qui n’est pourtant pas déficitaire.
Le budget dans la Loi de Finance de la Sécuité Sociale (LFSS) 2024 et 2025 présente un équilibre financier qui n’est pas déficitaire malgré les saignées avec compensations pourtant partielle par L’État des exonérations. Le déficit qui s’élève à 23 millions en 2025 : les 6 millions pour l’assurance retraite et 17 millions pour l’assurance maladie sont à mettre au regard des 80 milliards d’exonérations annuelles…
Le régime local d’Alsace-Moselle est un parfait contre-modèle à opposer à l’argument de l’inefficience de la Sécurité sociale et de son déficit. Encore financé à 90% par les cotisations et dont le Conseil d’Administration est composé de représentants des cotisants qui ont le pouvoir de gestion du budget et des investissements.
Proposition : Instaurer un système de santé 100% solidaire pour garantir une prise en charge intégrale des prestations de soins et de prévention tout en veillant à éviter les dépenses inutiles (les assuré·es sociaux ont financé pendant des années un médicament toxique comme le Mediator).
(cf. L’Avenir en Commun, livret Santé, programme de la France Insoumise)
En réalité assécher le modèle pour créer du déficit permet d’ouvrir de nouveaux marchés au secteur privé, le public est toujours la vache à lait du privé, et représente une manne intéressante pour l’État.
Ex. 9 milliards de recettes par an avec la taxe sur les mutuelles privées.

Nº3 : LE SYSTÈME DE LA SÉCU EN FRANCE EST TROP GÉNÉREUX !
« La France est trop généreuse en matière de protection sociale, les gens ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont de vivre dans un état crypto-communiste. «
» La France est championne en matière de dépense sociale ! 10% des dépenses sociales mondiales. » (Selon E. Zemmour)
Environ 650 milliards soit 15% des 4500 milliards mondiaux. Il s’agit en réalité d’un détournement politique d’un chiffre qui ne veut rien dire car:
- Cela revient à compter des carottes avec des poireaux, car cela ne veut rien dire en Parité de Pouvoir d’Achat et en fonction des zones géographiques, du niveau de développement des pays et du réseau de soins et d’infrastructures. En effet la distinction parfois complexe entre financement public et privé, et les disparités entre les systèmes de soins, de nature privé et public qui coexistent. Un tel chiffre avancé sans réelle analyse et calculé en dollars constants conduit donc à des erreurs d’appréciation, éloignées de la réalité car 100 dollars d’aides sociales n’offrent pas le même niveau de couverture en Suisse et au Malawi.

- La France représente 5% des dépenses de Santé de l’OCDE (8% en 2019). Un chiffre en baisse à mesure que les systèmes de sécurité sociale s’étendent à de nouveaux pays avec des programmes bien plus consistants qu’auparavant notamment en Chine (rapport de l’Organisation Internationale Travail en 2021) : le poids de la France dans les dépenses publiques mondiales.
- La France est en effet au 1er rang européen en matière de dépenses publiques avec 31 % PIB (la moyenne des pays développés étant de 20% et pour prendre quelques exemples dont nous ne sommes pas si éloignés: Finlande, 29%, Belgique 29%, Danemark 28%) . Mais en termes de montant de dépenses de protection sociale par personne, la France passe au 7e rang européen avec la Suède, après le Luxembourg, l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Finlande, du fait que ces pays ont un PIB par habitant élevé.
- Ce poids ne renseigne pas tant sur la politique française en la matière, plutôt stable (entre 30 et 35 % de son PIB alloué à la protection sociale depuis 15 ans) que sur le niveau tardif et fragile du développement des systèmes d’assurances sociales au niveau planétaire et particulièrement dans les pays pauvres (83.9% de la population européenne bénéficiaire d’au moins d’une forme de protection sociale en 2020 contre 17.4 % en Afrique).
Quand le budget de l’armée vient de dépasser celui de l’éducation, il est temps d’interroger les priorités politiques de ceux qui nous gouvernent actuellement derrière les discours d’efficacité budgétaire censés permettre de « sauvegarder notre modèle ».
Nº4 : LA SÉCU FABRIQUE DES ASSISTÉ.ES !
« L’assistanat ça suffit ! »
« Il y a trop d’abus de prestations sociales. »
« Il y a trop de fraudeurs chez les assurés !«

Taux de non recours :
Taux moyen entre 30 et 40 % pour l’ensemble des prestations sociales. En 2018 la DREES estimait que le taux de non-recours entrainait un non versement de droits de + de 3 milliards d’€ pour le RSA et d’1 milliards pour le minimum vieillesse.
Quelques chiffres édifiants : [1]
Prime d’activité 39% de non-recours
Assurance chômage 30%
Complémentaire santé solidaire 31% dans la version gratuite
et 66% pour la version payante (fonction d’un plafond de revenus)
AAH 61% de non recours.
Au cœur de ces non-recours aux droits :
Le manque d’information, la fracture numérique, la difficulté et la complexité des démarches administrative (12 millions de personnes en situation d’illectronisme), crainte des conséquences négatives (peur des contrôles, d’avoir à rembourser à des prestations indues).
La sécurité sociale fonctionne comme un formidable outil de redistribution sociale des richesses. Il faut songer à d’autres financements à l’heure du capitalisme financiarisé et spéculatif qui ne produit plus de richesse et des formidables inégalités de patrimoine construites sur le captage de la plus-value du travail.
80 milliards d’ € annuels d’exonérations de cotisations sur les bas salaires (double des dépenses d’allocations chômage) sans contreparties instaurées suite à l’abandon du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui était déjà une véritable gabégie d’argent public à 200 000 € par emploi créé, soit 4 fois le coût annuel moyen d’un emploi), abandonné suite au constat de son échec en terme de création d’emploi ! Le CICE est venu renforcer en 2012 les dispositifs existants d’exonération qui ont certes répondu dans les années 90 à un besoin de création d’emplois pour une main d’œuvre peu qualifié face à un chômage important, mais aujourd’hui, étant donnés les conditions du marché de l’emploi et les nombreux effets négatifs, celles-ci ne servent plus qu’à gaver les grands groupes.

En effet, le CICE s’applique aujourd’hui à 75% du salariat (jusqu’à 1.2 SMIC l’exonération est totale et dégressive jusqu’à 3 SMIC) et crée ainsi des « trappes à bas salaire » dénoncées par la CGT. Cela encourage en outre les effets d’aubaine dans la mesure où ces exonérations profitent en grande partie à des secteurs qui ne sont pas exposés à la concurrence internationale (activité administratives et de soutien, construction, restauration).
Ayant par ailleurs un effet négatif sur l’économie là où un pays développé comme la France ne peut pas réduire sa compétitivité à la compétitivité-prix (son dynamisme serait porté par un coût du travail bas ) et doit appuyer son développement et sa prospérité économique sur la compétitivité hors prix : innovation, qualité, produits et services de haut niveau technologique et image de marque.
Un rapport commandé par E. Borne en 2023 pointe lui-même une inflexion nécessaire concernant cette politique de réduction du coût du travail dont les effets ne sont pas du tout aux attendus (Antoine Bozio et Étienne Wassmer) !
Où est l’assistanat ?! Les grandes entreprises se gaveraient-elles d’argent public et de la richesse crée par le travail ?… Voir les chiffres des superprofits des entreprises du CAC40 !!!

Proposition : il faut conditionner et cibler ces aides pour prévenir tout effet d’aubaine et les réserver aux entreprises qui en ont besoin. Les conditionner à des relocalisation ou des critères sociaux et environnementaux.
En part de PIB consacré à la protection sociale, la France se situe effectivement au premier rang européen avec un taux de 32,1 %. Mais en termes de montant de dépenses de protection sociale par personne, la France passe au 7e rang européen avec la Suède, après le Luxembourg, l’Autriche, l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et la Finlande, du fait que ces pays ont un PIB par habitant élevé. Par ailleurs, les dépenses de protection sociale recouvrent bien plus que la lutte contre la pauvreté : la santé, la vieillesse, la famille, l’emploi et le logement, dont tout le monde bénéficie.
Par ailleurs la France est dans la moyenne européenne concernant les minimas sociaux. Les gens qui croient le plus dans la générosité des minima sociaux sont ceux qui en connaissent le moins bien les montants : en 2018, le montant moyen des minima sociaux avec allocation logement pour un couple sans enfant équivaut en France à 39 % du revenu médian; 46 % au Royaume-Uni ; 49 % en Allemagne ; 35 % en moyenne dans l’Union européenne et 36 % en moyenne dans l’OCDE. Parmi les pays européens ayant mis en place un revenu minimum garanti (25 sur 27), la France se classe dans la moyenne (12e sur 25) quant à la générosité relative du dispositif.
« Il y a trop de fraudeurs chez les assurés ! » ???
Alors… oui, il y a de la faude sociale, mais elle n’est pas majoritairement imputable aux assurés ! Plus de la moitié de la fraude (environ 13 milliards soit 52%) est imputable aux entreprises : travail dissimulé ou employeurs qui ne déclarent pas correctement (surtout le fait des agences d’interim), statut non protecteur des travailleurs surexploités des plate-formes qui conduit à sous déclarer…
Quant a la fraude des assurés (personnes qui bénéficient des prestations sociales) elle represente environ 34 % des fraudes soit 4,61 Milliards. Par exemple la fraude au RSA est de l’ordre de 1,5 Milliards. Or il faut savoir que 3 Milliards ne seraient pas versés à des personnes pourtant éligibles.

(Source : Haut Conseil du Financement de la Protection Sociale a rendu public son rapport sur la fraude sociale en 2025)
Nº5 : LES ETRANGERS VIENNENT EN FRANCE POUR PROFITER DE LA SÉCU.
« Les étrangers viennent se faire soigner en France gratuitement et mettent notre modèle en péril ! «
- Une carence de trois mois s’applique à toute personne entrant sur le territoire excepté pour les soins vitaux urgents et les accouchements et pour les gens qui ont un contrat de travail (pas de carence pour les salariés qui doivent être assurées immédiatement notamment pour les risques professionnels) et qui de fait cotisent et donc, loin d’en abuser, enrichissent notre système de protection sociale.
- 1 personne sur 2 seulement parmi les personnes en situation irrégulière est couverte par l’AME et son budget représente en réalité 0.5% des dépenses de la sécurité sociale.
- Si nous ne soignons pas les personnes présentes sur le territoire cela peut favoriser des foyers épidémiques de maladies infectieuses graves qui mettent en danger toute la population.
les mexicains décident de rentrer au pays au point que tous les métiers ingras sont abandonnés et que la police de l’immigration finit par les empêhcer de franchir la frontière dans le sens du retour.
Nº6 : LA SÉCU, CE SONT DES IMPÔTS EN PLUS!
« La Sécurité sociale et les impôts c’est la même chose. Et ça n’est plus un trou dans les finances publiques, c’est un vrai gruyère »
À chaque réforme des retraites, le gouvernement et les médias délimitent un cadre de discussion qui laisse dans l’ombre l’enjeu le plus décisif. Le système créé en 1946 donnait en effet aux salariés eux-mêmes, et non pas aux entreprises ou à l’État, la direction des caisses de la « Sécu ». Depuis, une volonté a animé les réformateurs de tout poil: reprendre ce pouvoir…
Une date clé dans cette bataille depuis 80 ans : l’instauration des Loi de Finance de la Sécurité Sociale (LFSS) en 1996 (Plan Juppé). Le cœur de la question est donc celle du pouvoir de décision : aux travailleurs qui cotisent ou à l’Etat ? Et rétablir la vérité sur le discours officiel sur la sécurité sociale qui est le fruit d’un intense conflit social et économique entre les travailleurs, l’État, les patrons et les organismes privés (mutuelles, prévoyances) du secteur de l’assurance sociale.
Il faut avoir à l’esprit qu’en réalité le système d’assurance social est bien antérieure à la Sécurité sociale de 1946 ; auparavant propre à une corporation, privé, géré par l’employeur ou étatique il existait de nombreux régimes non unifiés depuis longtemps… Ce qui change vraiment en 1946, c’est la conquête du pouvoir par les travailleurs eux-mêmes et leur organisation à travers un système généralisé à l’ensemble de la classe ouvrière. Au cœur de ce système : la récupération par les travailleurs des richesses produites par leur travail captée par les capitalistes et un vaste projet de redistribution des richesses !

Depuis le financement de la sécurité sociale a basculé d’une proportion où la cotisation était majoritaire (encore 78% en 1990 à 56% en 2024) à un financement par l’impôt (TVA, CSG, CRDS et ITAF*) et un passage pour le vote du budget par le parlement depuis 1996. En effet, l’implication de l’Etat dans la gestion de la sécurité sociale s’est renforcée avec la révision constitutionnelle de 1996 qui prévoit le vote annuel d’une LFSS (Loi de Finance de la Sécurité Sociale). Ces lois de financement visent officiellement la « maitrise des dépenses « . En réalité cela a des conséquences politiques très importantes au service du projet libéral qui est de faire main basse sur la sécurité sociale et de retirer leur pouvoir de décision et de possibilité pour les travailleurs de disposer de la richesse produite par leur activité.
C’est l’Étatisation de la sécurité sociale qui est en jeu et donc une confiscation du pouvoir dans le projet de démocratie et d’auto-gestion ouvrière et populaire initial qu’est la sécurité sociale. Celle-ci n’a cessé d’être attaquée par les gouvernements libéraux.
[2] [3]
Nº7 : IL FAUT RÉFORMER LA SÉCU !
« La Sécurité sociale aujourd’hui doit être reformée, ce modèle est intenable. »
« Les caisses de Sécurité sociale sont endettées. »
« Il faut réformer sinon le trou de la sécu va encore se creuser. »
En réalité le discours existe depuis son origine. La Sécurité sociale est née dans un pays en ruine où le ticket de rationnement avait encore cours. Et avec 80 ans de recul, cela n’a pas fait sombrer la France économiquement, bien au contraire cela a accompagné un vaste mouvement de reconstruction et d’augmentation de la richesse et du PIB.
Ce n’est pas un problème de dépenses (elles n’augmentent pas malgré l’augmentation de la masse salariale) mais un problème de recettes : cadeaux fiscaux, faible imposition sur les patrimoines et le capital, sur la valeur ajoutée, TVA qui n’est pas un impôt progressif pesant donc proportionnellement bien plus sur les ménages modestes que sur les autres catégories sociales, exonérations de cotisations patronales créant un déficit qui n’existait pas (voir proposition OXFAM).
Depuis sa création en 1946 les classes laborieuses ont gagné jusqu’à 20 ans d’espérance de vie. Il existe encore une espérance de vie très inégale en fonction de la catégorie socio-professionnelles…

Il faut peut-être songer à de nouvelles sources de financement adaptées aux grandes mutations actuelle du monde du travail (automatisation, capital financiarisé de plus en plus déconnecté de la production réelle, revenus du patrimoine qui assèchent l’économie réelle…).
[4]
Encore faudrait-il que cette prétendue dette de la Sécurité sociale soit avérée !
Le fameux « trou de la sécu » brandit comme prétexte à toutes les réformes visant à fragiliser voire privatiser la sécu, constitue en fait un biais d’analyse qui s’appuit toujours sur les mêmes arguments : le vieillissement de la population, l’augmentation du chômage,…
Pourtant les caisses de la Sécurité sociale sont la plupart du temps excédentaires (depuis 2014) et d’environ 16 milliards d’euros par an. Le hic c’est que le gouvernement a fait peser sur la sécu l’effort de remboursement de la dette accumulée par l’État pendant de la crise financière (de 2019 à 2025).
Même quand les recettes des caisses de la sécurité sociale augmentent le gouvernement fait baisser les prestations sociales (déremboursements de l’assurance maladie par exemple) et tout cela pour financer des exonérations de cotisations sociales aux entreprises…
Enfin, tandis que les caisses entre elles peuvent organiser des transferts des excédents de l’une pour que l’autre ne soit déficitaire, les prestations ne sont pas indexées sur les salaires ou l’inflation, ce qui fait que les bénéficiaires perdent en pouvoir d’achat.
Nicolas Da Silva explique bien que, quand certaines caisses sont déficitaires, ce n’est pas du fait de l’augmentation des dépenses de protection sociale, ni du fait d’une mauvaise gestion des caisses (ni d’une augmentation du nombre de retraités, ni des abus des asssurés, ni de la fraude sociale…) ni , mais bien à cause des crises financières du capitalisme : exemples, la crise des subprimes (2008), la crise sanitaire et les confinemets (2020),…
Or les gouvernements successifs n’ont de cesse de se battre contre l’augmentation et la revalorisation des salaires, ce qui permettrait pourtant d’augmenter les cotisations ! En effet, au lieu de cela, la CICE instauré par le président Hollande (sans conditions) constitue une exonération de cotisations patronales…
Le comble de l’absurde c’est le financement de la CADES en charge du remboursement de la dette sociale, qui est d’ailleurs au coeur du problème : le choix est fait d’emprunter sur les marchés financiers, lesquels sont à l’origine des crises financières qui ont générés la dette sociale à rembourser ! Coïncidence ? Je ne pense pas !
Alors que la gestion de la sécurité sociale était censée s’appuyer sur la réponse aux besoins des assurés, son budget est désormais fixé comme une contrainte économique par le gouvernement sous prétexte d’austérité.
LIRE L’ARTICLE de Christophe PRUDHOMME sur son blog du Club Médiapart à ce sujet :
https://blogs.mediapart.fr/christophe-prudhomme/blog/101125/dette-de-la-secu-l-arnaque-de-macron

Nº8 : LA SÉCU, JE LA FINANCE POUR QUE D’AUTRES EN PROFITENT !
« La Sécurité sociale c’est les allocs et les médocs, elle ne fait rien pour moi. »
« Ce sont toujours les mêmes qui paient et les mêmes qui profitent du système. »
Le régime général concerne les salariés du secteur privé. Il couvre 88% de la population française. Les 12% restants sont couverts par des régimes spéciaux et cotisent à des caisses autonomes liées à leur profession (exemple : MSA pour les agriculteurs, MGEN pour les enseignants, CPR pour les cheminots, CRPCN pour les clercs de notaire, etc.). On retrouve une organisation à plusieurs niveaux : national, régional et local.
Le régime général comprend 6 branches autonomes, une branche par risque :
- La particularité de la branche « risques professionnels » : elle est autonome financièrement mais rattachée administrativement à la branche maladie. Elle gère le système légal d’assurance des dommages corporels : accidents de travail, de trajet, maladies professionnelles.
- La branche maladie couvre les risques maladie, maternité, invalidité et décès.
- La branche retraite assure la gestion et le versement des retraites, ainsi que l’accompagnement des assurés retraités.
- La branche famille gère et verse les prestations familiales, les prestations logement et les prestations sociales.
- La branche autonomie couvre le risque dépendance et perte d’autonomie.
- Le réseau des URSSAF assure une gestion centralisée de la trésorerie de chacune des branches (en charge de la collecte des cotisations).

La Sécurité sociale est donc présente à tous les âges de la vie et pour toutes les catégories socio-économiques. Notamment les travailleurs indépendants (depuis la disparition du Régime Social des Indépendants (RSI) en 2018 incorporés au Régime Général) qui méconnaissent souvent leurs droits aux congés maladie et maternité ou les dispositifs de soutien en cas de difficulté dans leur activité mis en œuvre par les URSSAF.
La Sécurité sociale a une importance économique capitale et ne se limite pas au financement des aides sociales et des médicaments. Elle organise la production du soin et est donc par son budget et son rôle au cœur de choix politique fondamentaux. En effet il s’agit de choisir entre financer l’hôpital public, ou les cliniques qui fonctionnent sur une prise en charge globale et sans dépassement d’honoraires et la médecine libérale à dépassements d’honoraires non maitrisés qui individualisent et augmentent les inégalités dans le parcours de soins ?
Parallèlement on estime à 20 000 le nombre de décès liés à de mauvaise prescriptions (notamment de médicament inutiles ou à outrance…) et 1,4 milliards par an les prescriptions inutile et l’absence de conditionnement approprié ou de filières de recyclage (diagnostic effectué par un collectif d’infirmiers libéraux « Balance ton gaspi »).
Il s’agit d’éviter le financement des grands groupes pharmaceutiques par l’intermédiaire de la médecine libérale (Industrie pharmaceutique + de 1000 milliards de chiffre d’affaire (une industrie parmi les plus rentables au monde et en progression constante).
Proposition : Créer un pôle public du médicament géré par la sécurité sociale.
(cf. L’Avenir en Commun programme de la France Insoumise)
Nº9 : LA SSA EST UNE UTOPIE !
« La Sécurité sociale de l’alimentation c’est une utopie, encore une charge supplémentaire, ses partisans veulent vraiment couler ce pays! »
Quand le diabète et les cancers sont des pathologies chroniques endémiques du XXIe, véritables bombes sanitaires qui coûtent en espérance de vie, et au modèle social dans son ensemble. L’accès à une alimentation de qualité, plus chère et géographiquement inégalement répartie sur le territoire représente un fort enjeux d’égalité entre les classes sociales.
Développer un autre modèle qui limiterait ou supprimerait la consommation de produits transformés bourrés de sucre et d’additifs, d’une alimentation industrielle contaminée aux pesticides, présente donc de nombreux aspects vertueux y compris sur le plan économique; une population en meilleure santé, et donc un allègement des dépenses dans la branche du soin ; au final une économie plus dynamique.
En effet la chronicité des pathologies est une formidable manne pour l’industrie pharmaceutique. Que dire de Bayer qui symbolise ce cercle vicieux, produisant à la fois des engrais, des pesticides et des médicaments ?
Proposition : La sécurité sociale de l’alimentation qui permet d’organiser la production afin de casser le circuit des profits industriels entre ceux de l’agro-alimentaire qui alimentent les industries pharmaceutique.
(cf. L’Avenir en Commun, programme de la France Insoumise)

LE BINGO DES LIBÉRAUX : RÈGLES DU JEU
MATÉRIEL POUR JOUER
- 2 dés (un vert et un rouge),
- 1 plateau de jeu format A4 à télécharger ici et à imprimer.
La grille de Bingo est numérotée de 1 à 6 verticalement en rouge et de même horizontalement en vert. 18 des 36 cases de la grille permettent de choisir une des 9 idées reçues à déconstruire.
L’autre moitié des cases est remplie des photos d’hommes et de femmes politiques qui ont contribué ou contribuent par leurs actes et/ou leurs propos à détruire le système de sécurité sociale.
Le QR-Code permet d’accéder à la présente page et trouver tous les argumentaires et données de la déconstruction des idées reçues que nous avons sur la sécurité sociale.
DÉROULEMENT DU JEU :
Pour jouer, seul, à plusieurs ou en équipe :
- Tirer les dés chacun son tour : la combinaison de nombres tirée correspond à une case sur la grille.
- Quand une case « bingo » est tirée au sort, le joueur ou l’équipe choisit une idée reçue à déconstruire : il ou elle doit alors trouver les arguments qui permettent de lutter contre l’idée reçue en question.
- Validation (ou pas) du point : Les autres joueurs lisent l’argumentaire correspondant et valident ou pas les arguments avancés afin d’accorder ou pas le point.
- Chaque joueur ou équipe gagne un point à chaque fois qu’il ou elle réussit à déconstruire une idée reçue.
- Quand une case « personne politique » est tirée au sort, soit le joueur ou l’équipe passe son tour au suivant, soit il ou elle essaye de déviner ce que cette personne a dit ou fait contribuant à la destruction de la sécurité sociale.
- Si vous devinez juste, cela donne droit à un point bonus.
- Le vainqueur est le joueur ou l’équipe qui a déconstruit le plus d’idées reçues.
ASTUCES :
- Si vous n’avez pas de dés rouge et verts, tirez le dé en deux temps, le premier tir indiquant la colonne (la verticale), le deuxième tir indiquant la rangée (l’horizontale).
- Si il ou elle n’arrive pas à élaborer les arguments qui permettent de déconstruire les idées reçues sur la sécurité sociale, les autres joueurs et équipes (ceux qui n’ont pas lu l’argumentaire) peuvent s’y essayer, et gagner le point.

QU’ONT-ILS ET ELLES DIT OU FAIT QUI CONTRIBUE À DÉTRUIRE LE SYSTÈME DE SÉCURITE SOCIALE ?

André MORICE (1900-1990)
Depuis les lois du 19 mars 1947 (dite loi Morice) et du 9 avril 1947, la possibilité est offerte aux mutuelles de gérer la part obligatoire des prestations d’assurance maladie servies par le régime général aux salariés et aux fonctionnaires.
Les mutuelles sont autorisées à constituer des sections locales de sécurité sociale.
L’Etat bloque le montant des cotisations sociales dans le but d’accroitre le déficit et d’en faire porter la responsabilité à la gestion ouvrière.
Jean-Marcel JEANNENEY (1910-2010)
1967 – Quatre ordonnances réorganisent le régime général de la Sécurité sociale. Cette réforme dite Jeanneney (du nom du ministre des Affaires sociales de l’époque) assure la séparation financière des risques dans trois branches distinctes (santé, vieillesse, famille).

Cette séparation financière est consacrée, au plan institutionnel, par la création de trois caisses nationales, la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS), la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS), la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF). La gestion de la trésorerie des différentes branches est confiée à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS).
- Alors que les caisses sont gérées par 75% de salariés et 25% de patrons, les ordonnances Jeanneney impose le paritarisme entre salariat et patronat (50/50).
- Les élections des représentants disparaissent : ils sont désormais nommés par l’Etat.
- La solidarité financière entre les différentes branches est rompue.

Michel ROCARD (1930-2016)
Le 1er février 1991 entre en vigueur la plus importante réforme du financement de la Sécurité sociale mise en œuvre au cours des 70 dernières années. La CSG est créée au taux de 1,3 % le 1er février 1991 par Michel Rocard, considéré comme le père de la CSG.
Dès le début des années quatre-vingt, l’idée d’étendre l’assiette des cotisations à tous les revenus disponibles – et non aux seuls revenus du travail – est lancée. C’est le cas dans les travaux de préparation du IXe plan, et surtout dans le rapport des sages des états généraux de 1986.
La CSG est votée à l’automne 1990 dans le cadre de la loi de finances. Ce support législatif marque la nature de la CSG, comme étant une « imposition de toute nature ». La CSG est donc un impôt, c’est en tout cas ce qu’en a jugé le Conseil constitutionnel.
Nicolas SARKOZY (1955-)
La réforme Balladur des retraites de 1993, menée par le gouvernement Balladur dont Nicolas Sarkozy est le ministre chargé du Budget, consiste principalement à :

- allonger la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une retraite à taux plein ou sans décote ;
- augmenter le nombre des « meilleures années » prises pour calculer le montant de la pension.
Elle est complétée par la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites.

Alain JUPPE (1945-)
Premier ministre français du 17 mai 1995 au 2 juin 1997, alors que Jacques Chirac est président, il succède à Edouard Balladur et précède Lionel Jospin.
Annonce le 15 novembre 1995 du Plan Juppé est contesté dans la rue. Mais la loi du 30 décembre 1995 autorise le Gouvernement, à réformer la protection sociale par ordonnance. Il consistera au final en :
- l’ordonnance du 24 janvier 1996 sur le remboursement de la dette sociale : création de la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et la Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) ;
- l’ordonnance du 24 janvier 1996 relative aux mesures urgentes tendant au rétablissement de l’équilibre financier de la sécurité sociale : les bases mensuelles de calcul des prestations familiales ne sont pas revalorisées en 1996 ;
- l’ordonnance du 24 avril 1996 portant mesures relatives à l’organisation de la sécurité sociale : création des conventions d’objectifs et de gestion entre l’État et les caisses nationales, dont la modification de la composition des conseils d’administration des caisses et création de conseils de surveillance, les conseils des caisses locales perdent le pouvoir de nommer leur directeur et leur agent comptable. Par ailleurs, ils perdent des pouvoirs au profit des directeurs dont les attributions sont élargies : désormais, ceux-ci proposent aux conseils d’administration la nomination de leurs collaborateurs directs, hormis l’agent comptable, ce qui signifie que les conseils ne gardent qu’un rôle formel. Dorénavant, le directeur décide des actions en justice et représente la caisse en justice et dans tous les actes de la vie civile. La réforme renforce ainsi le pouvoir des acteurs administratifs (direction de la sécurité sociale, direction de la CNAMTS, Cour des comptes…) et des acteurs politiques (élus, parlementaires, ministre) au détriments des partenaires sociaux.
- création des unions régionales des caisses d’assurance maladie,
- l’ordonnance du 24 avril 1996 relative à la maîtrise médicalisée des dépenses de soins : création de la Conférence nationale de santé, création de la carte Vitale ;
- l’ordonnance du 24 avril 1996 portant réforme de l’hospitalisation publique et privée : création des agences régionales de l’hospitalisation qui conclut des contrats pluriannuels avec les établissements de santé publics et privés, création d’une procédure d’accréditation par la nouvelle Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé, création des groupements de coopération sanitaire.
- Les loi de financement de la Sécurité sociale sont introduites par la loi constitutionnelle du 22 février 1996 et la loi organique du 22 juillet 1996. Ces lois permettent de faire le lien entre les objectifs des politiques sanitaires et sociales et les objectifs des dépenses de sécurité sociale. Le Parlement doit approuver les orientations de la politique de santé et de sécurité sociale avant d’approuver les objectifs qui déterminent les conditions générales de l’équilibre financier de la Sécurité sociale. Ensuite, il fixe l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie, pour l’ensemble des régimes.
François FILLON (1954-)
La loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites, dite loi Fillon sur les retraites, conduite en 2003 par François Fillon (alors ministre des Affaires sociales), étend la réforme Balladur des retraites de 1993 à la fonction publique,

mais ne concerne que les retraites portant sur la part des revenus inférieurs au plafond de la Sécurité sociale (la « tranche A ») soit 3 086 € mensuels en 2013.
Ses principales dispositions incluent :
- un allongement de la durée de cotisation,
- des incitations à l’activité des seniors,
- la mise en place d’un système de retraite par capitalisation individuel, le PERP, à l’image de ce que prévoient la plupart des systèmes de retraite en Europe.

Eric WOERTH (1956-)
Ministre du Budget et des Comptes publics, Éric Woerth a été désigné «chef de file» de la lutte contre la fraude par Nicolas Sarkozy. «Pour lutter contre la fraude, il faut des moyens juridiques et des possibilités de croiser les fichers», souligne Éric Woerth.
2008 – Pour lutter contre les fraudes à la Sécurité sociale, il met en œuvre des moyens juridiques et des possibilités de croiser les fichiers. [Source : journal Le Figaro]
2010 – La réforme des retraites de 2010 repousse de deux ans l’âge minimum de liquidation de pension, prévoit un allongement progressif de la durée de cotisation, qui selon le gouvernement devrait être de 41,5 ans en 2020. L’âge légal de départ à la retraite est relevé progressivement de 60 à 62 ans, de 65 à 67 ans pour une retraite à taux plein quelle que soit la durée de cotisation.
Elle est présentée au Parlement le 7 septembre 2010 par le ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique Éric Woerth, dix mois après la communication du document d’orientation aux partenaires sociaux. Elle occasionne alors un important mouvement social. Après avoir été votée par les assemblées, la loi est finalement validée par le Conseil constitutionnel le 9 novembre 2010 et promulguée le lendemain.
François HOLLANDE (1954-)
Président de la République française du 15 mai 2012 au 14 mai 2017.
Le début de son mandat est notamment marqué par un retour partiel à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ou 19 ans.

Pourtant c’est bien sous son mandat qu’est votée la loi du 20 janvier 2014 prévoyant allongement progressif de la durée de cotisation et l’instauration du compte pénibilité. >>> voir Marisol TOURAINE !
Il est aussi responsable de la création d’un dispositif d’exonérations de cotisations patronales : le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE).

Marisol TOURAINE (1959-)
Ministre des Affaires sociales et de la Santé du 16 mai 2012 au 17 mai 2017.
2014 – La loi Touraine de réforme des retraites :
- Allongement de la durée de cotisation jusqu’à 43 ans : la durée d’assurance requise pour l’obtention d’une retraite à, sans décote, augmente progressivement d’un trimestre tous les trois ans, entre 2020 et 2035, pour atteindre 43 ans (172 trimestres) pour les personnes nées en 1973 ou après.
Et pour faire passer la pilule :
- Création d’un compte-temps pénibilité : le compte personnel de prévention de la pénibilité sert à comptabiliser les périodes d’exposition à un ou plusieurs facteurs de pénibilité et les droits acquis à ce titre.
- Nouvelles modalités de validation des trimestres : à compter du 1er janvier 2014, pour valider un trimestre il faut avoir cotisé sur un revenu équivalant à 150 heures de Smic, au lieu de 200 heures précédemment. Pour valider quatre trimestres pour une année, il faut donc atteindre un revenu annuel de 600 fois le Smic horaire, soit 5 718 euros pour l’année 2014, au lieu de 800 fois le Smic horaire (soit 7 624 euros). Les salariés à faible durée de travail et/ou à faible revenu, notamment les femmes, pourront ainsi acquérir plus aisément la durée d’assurance requise pour bénéficier de droits à la retraite.
- Meilleure prise en compte de la période de formation des jeunes,
- Faciliter l’accès aux droits à la retraite : à compter de 2017, chaque assuré bénéficiera d’un compte individuel retraite qui permettra d’accéder en permanence à l’état de ses droits à la retraite, à une évaluation des ses pensions futures, aux démarches à effectuer.
- Retraite progressive : assouplissement du dispositif,
- Le report de 6 mois de la revalorisation des pensions de retraite,
- Plus d’impôt en 2014 pour les retraités ayant eu trois enfants ou plus.
Gabriel ATTAL (1989-)
Militant au Parti socialiste de 2006 à 2016, il est membre du cabinet de la ministre de la Santé Marisol Touraine de 2012 à 2017, tandis qu’est votée la réforme des retraite de 2014 allongeant la durée de cotisation jusqu’à 43 ans.


Emmanuel MACRON (1977-)
Secrétaire général adjoint du cabinet du président de la République François Hollande du 15 mai 2012 au 15 juillet 2014. Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique du 26 août 2014 au 30 août 2016. Président de la République française depuis 2012.
- La Caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) aurait dû normalement avoir totalement remboursé les emprunts faits auprès des banques en 2024. Mais il reste dans ses comptes 137,9 milliards, soit le transfert de la dette COVID de 136 milliards que Macron a décidé de totalement affecter à la Sécu, ce qui repousse l’échéance à 2033.
De ce fait, la Sécu versera à cette caisse encore cette année plus de 17 milliards qui proviennent des cotisations sociales par le biais de ce que vous voyez sur votre fiche de paie sous le nom de CRDS (Cotisation de remboursement de la dette sociale) et d’une partie de la CCG. Cette somme manque donc pour la prise en charge des dépenses d’assurance maladie et comme par hasard elle correspond au « déficit » annoncé pour 2025. [6] Merci Macron !
- Le gouvernement a décidé à partir de 2025 de confier les nouvelles dettes de l’assurance maladie à l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (ACOSS) qui est l’organisme qui collecte et gère les ressources de la Sécu. Or les services de la Sécu s’alarment car cette instance n’a pas vocation à emprunter.
« Leur objectif est de réduire de manière drastique les frais de santé pris en charge par la Sécu afin de pousser ceux qui pourront se les payer vers des assurances privées. Ils remplissent ainsi le mandat que leur a assigné le monde financier d’étendre le marché de la santé pour son plus grand bénéfice. » [6]
- Emmanuel MACRON c’est aussi le projet de retraite par points [7] et l’incroyable opportunité qu’une telle réforme aurait représenté pour les fonds de pension comme BlackRock [8]. >>> voir Edouard PHILIPPE
Edouard PHILIPPE (1970-)
Premier ministre français du 15 mai 2017 au 3 juillet 2020.

Le projet de réforme des retraites de 2020 en France est un projet de loi porté par le gouvernement Philippe visant à refondre en profondeur le système de retraite français. Cette réforme est pour partie dans le programme électoral du président de la République, Emmanuel Macron, qui s’est inspiré d’économistes français favorables aux retraites par points. Elle repose sur la promesse de ne toucher ni à l’âge de départ ni au montant des pensions. Ce projet de réforme propose trois transformations principales :
- l’institution d’un régime de retraite dit « universel » remplaçant les 42 systèmes existants ;
- la mise en relation directe théorique du montant de la retraite avec les cotisations versées (système à points) ;
- la mise en place de mesures ayant pour but affiché d’améliorer les retraites des plus défavorisés s’ils font une carrière complète.
Les objectifs annoncés de la réforme sont de simplifier un système complexe, de le rendre plus juste et de faciliter son adaptation aux changements structurels (croissance, rapport actifs/retraités…), afin de pouvoir maintenir dans le futur un équilibre des entrées et des sorties. Proche de l’équilibre en 2018 (déficit de 2,9 milliards d’euros), les comptes pourraient se dégrader jusqu’à un montant plafond en 2030 compris entre 7,9 et 17,2 milliards d’euros.
La réforme rencontre une forte opposition pendant des mois de grèves et manifestation de la part des principaux syndicats et qui se renouvellera lors du mouvement social de 2023. La contestation porte en grande partie sur le report de l’âge de départ à la retraite à taux plein (64 ans au lieu de 62 ans), la remise en cause des avantages des fonctionnaires et des adhérents des régimes spéciaux, et l’instauration d’un système à points jugé inégalitaire. Les négociations entreprises avec maintes catégories professionnelles (policiers, personnel navigants, etc.) mettent au jour les ambiguïtés du terme universel revendiqué par la réforme. En effet dans ce cas, s’il indique que le nouveau régime s’applique à tous, cela n’implique pas que tous soient soumis aux mêmes règles.
Le 16 mars 2020, Emmanuel Macron annonce la suspension de cette réforme avec la prise de mesures de confinement dans le cadre de la pandémie de Covid-19. LIRE quand même les articles du Monde sur le projet de retraite par points [7] et de France Culture sur l’incroyable opportunité qu’une telle réforme aurait représenté pour les fonds de pension comme BlackRock [8].

Elisabeth BORNE (1961-)
Première ministre française,
chargée de la Planification écologique et énergétique du 16 mai 2022 au 9 janvier 2024.
Entre autres choses…
- La réforme des retraites en France de 2023 consiste en un ensemble de mesures révisant le système de retraite français réalisées pendant la mandature d’Emmanuel Macron, et portées par la Première Ministre Élisabeth Borne et le ministre du travail Olivier Dussopt, dont le report de l’âge légal de la retraite à soixante-quatre ans est présenté comme le phare. Après un parcours législatif complexe et un mouvement social massif, la loi est validée par le Conseil constitutionnel, le 14 avril 2023 et promulguée le jour même.
L’objectif principal annoncé par le gouvernement est la pérennité de la retraite par répartition, ainsi que la suppression de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) à partir de 2024, soit un coût de 8 milliards d’euros par an, et d’autres baisses d’impôts.
Le projet de loi rencontre une très forte opposition de la part de l’ensemble des syndicats, qui constituent la première intersyndicale depuis 2010, d’une majorité de Français, ainsi que de la NUPES, du RN et de LIOT. Il bénéficie d’un soutien mitigé des organisations patronales et de certains députés LR. Les groupes de la majorité relative à l’Assemblée nationale soutiennent la réforme, avec toutefois quelques divisions en leur sein. Au terme de la première lecture à l’Assemblée nationale, le texte est envoyé sans vote au Sénat le 17 février, du fait de la procédure législative utilisée par le gouvernement (47-1). Après une première adoption par le Sénat le 12 mars, la commission mixte paritaire rend ses travaux le 15 mars, et après une seconde adoption par le Sénat dans la matinée du 16 mars, la Première ministre Élisabeth Borne annonce l’engagement de la responsabilité de son gouvernement sur le texte au titre de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution afin de faire adopter définitivement le projet de loi. Le 17 mars, deux motions de censure sont déposées pour censurer le gouvernement et le projet de loi. Elles sont rejetées après leur examen le 20 mars après-midi. En conséquence, le projet de loi est considéré comme définitivement adopté.
- La Première ministre Elisabeth Borne adopte aussi le budget de la Sécurité Sociale dit Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) par 49.3 fin novembre 2023.
Olivier DUSSOPT (1978-)
Ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion du 20 mai 2022 au 11 janvier 2024.

Il a en particulier pour responsabilité la mise en œuvre du recul à 65 ans de l’âge légal de départ à la retraite, l’une des mesures les plus importantes du programme électoral d’Emmanuel Macron. Le projet de réforme des retraites présenté par Élisabeth Borne le 10 janvier 2023 prévoit un recul à 64 ans.
Alors que sont annoncées les grèves du mouvement social contre le projet de réforme des retraites en France de 2023, dans les jours qui suivent, de nombreux médias exhument des images d’archives datant de 2010 où il s’opposait avec véhémence en tant que député du Parti socialiste au report de l’âge légal de 60 à 62 ans par le gouvernement Fillon. Il justifie ce changement d’opinion par « une maturité politique » et une situation économique différente.

Bruno LEMAIRE (1969-)
Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, du
17 mai 2017 au 21 septembre 2024.
Le 18 avril 2023, Bruno Le Maire déclare sur le plateau de BFM TV, au sujet de prestations sociales liées à l’inflation, que les Français « n’ont aucune envie de voir que des personnes peuvent bénéficier d’aides, les renvoyer au Maghreb ou ailleurs, alors qu’ils n’y ont pas droit ». Il est accusé par une partie de la classe politique de chercher à diviser les Français pour les détourner de l’opposition à la réforme des retraites, récemment adoptée en force via la mise en œuvre de l’article 49.3 de la constitution. Pour le premier secrétaire du parti socialiste Olivier Faure, « mobiliser des préjugés racistes pour éviter de rappeler que la fraude sociale est essentiellement le fait des employeurs et la fraude fiscale est sans commune mesure. L’extrême-droite remplit dangereusement le vide gouvernemental ».
Pour le sociologue Vincent Dubois, « le gouvernement assimile désormais de façon explicite la question de la fraude aux prestations sociales à la question de l’immigration. Cela renvoie à un imaginaire : derrière la figure du fraudeur, il y a celle de l’immigré qui abuse, voire même de l’immigré polygame ou de l’immigré qui se servirait du RSA pour financer le terrorisme islamiste ».
Bruno RETAILLEAU (1960-)
Sénateur français de la Vendée en fonction depuis le 13 novembre 2025. Ministre d’État, Ministre de l’Intérieur du 21 septembre 2024 au 12 octobre 2025. Sénateur français de la Vendée du 1er octobre 2004 au 20 octobre 2024.

A propos du budget de la Sécurité sociale, le sénateur et ancien ministre de l’intérieur Bruno RETAILLEAU a déclaré sur BFM-TV que c’était « un hold-up fiscal » avec l’augmentation de la CSG, « un hold-up social puisqu’on ne fait pas la réforme de la retraite » et « un hold-up démocratique parce que jamais le pays n’a été autant à droite, jamais un gouvernement, une politique n’a été autant à gauche ». « Ce texte n’est pas votable », nos députés « auront le choix de l’abstention ou de voter contre » mardi, a-t-il ajouté.
Après avoir adopté, vendredi 5 décembre 2025, le volet recettes du PLFSS pour 2026, les députés doivent voter mardi 9 décembre 2025 sur la partie dépenses, puis sur l’ensemble du texte.
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, « s’est mis dans les mains des socialistes », avec notamment la suspension de la réforme des retraites et le renoncement à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote les budgets, a assuré M. Retailleau. Le vote de mardi reste très incertain à cause des divisions au sein même de la fragile coalition gouvernementale. Mais pour l’ancien locataire de Beauvau, il n’est pas dit qu’il sera rejeté au vu, dénonce-t-il, des « manœuvres de couloirs » et des « petits compromis de l’ombre ». [9]

Marion MARECHAL-LEPEN (1989-)
Députée française du 20 juin 2012 au 20 juin 2017. Vice-présidente exécutive de Reconquête du 19 avril 2022 au 12 juin 2024. Députée européenne en fonction depuis le 16 juillet 2024.
Marion Maréchal était l’invitée de France Bleu Azur jeudi 16 novembre 2023 à 7h45. Interrogée sur la question de l’AME, l’aide médicale d’état, que le sénat veut supprimer, elle explique qu’il s’agit d’une mesure injuste « qu’un clandestin soit pris en charge dans ses soins médicaux, c’est injuste pour les nombreux français qui se privent de soins pour des raisons financières ». « Nous sommes à près de deux milliards d’euros de dépense publique pour l’AME ». La candidate aux européennes dénonce via cette AME une incitation à l’immigration pour des raisons sanitaires.
Aux présidentielles 2022, Eric ZEMMOUR et Marine LEPEN proposaient de supprimer ou restreindre les prestations sociales aux étrangers pour récolter jusqu’à 20 milliards d’euros par an. Selon nos informations (source : article Le Monde), elles représenteraient moins de 6 milliards d’euros.
Eric ZEMMOUR (1958-)
Président de Reconquête, en fonction depuis le 5 décembre 2021.
Écrivain, éditorialiste, journaliste politique, chroniqueur, polémiste, essayiste,…

C’était un des axes de campagne d’Eric Zemmour en 2022. « Savez-vous que le montant des fraudes sociales est évalué jusqu’à 40 milliards d’euros par an ? », a lancé le candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle, samedi 22 janvier, lors de son meeting à Cannes (Alpes-Maritimes).
Ce chiffrage a également été repris, jeudi 27 janvier sur franceinfo, par Guillaume Peltier, porte-parole de l’ancien polémiste. Face à ce qu’il qualifie de « gaspillage », l’ex-cadre des Républicains milite pour « la création d’une brigade nationale de lutte contre les fraudes » pour contrôler « tous les bénéficiaires de minimas sociaux ». Mais le chiffre avancé par Eric Zemmour et ses soutiens est-il vrai ou « fake » ?
LIRE L’ARTICLE :
- Alice GALOPIN, « La « fraude sociale » représente-t-elle « jusqu’à 40 milliards d’euros » par an, comme l’affirme le camp d’Eric Zemmour ? », in France Info en ligne, rubrique Vrai Ou Fake, publié le 3 février 2022 : https://www.franceinfo.fr/economie/menages/allocations-familiales/vrai-ou-fake-la-fraude-sociale-represente-t-elle-jusqu-a-40-milliards-d-euros-par-an-comme-l-affirme-le-camp-d-eric-zemmour_4931651.html
Evidemment, cette liste est non exaustive. Nous aurions pu aussi évoquer Edouard Balladur, Gérald Darmanin, Bruno Lemaire, Thomas Cazenave, Amélie de Montchalin,… ne serait-ce que pour leurs mensonges sur le budget de l’État et de sa dette.
SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES
[1] Franck Bessis, La création de la Prime d’activité ou la politique des petits chiffrages, 2023/2, in Revue française de socio économie, Nº31, pp, 195-214, https://doi.org/10.3917/rfse.031.0195
[2] Nicolas Da Silva, « Novembre-décembre 1995, qu’en reste-t-il : quand les ordonnances Juppé démantelaient la Sécurité sociale », in Le Monde diplomatique, février 2023, pp. 18-19.
[3] Nicolas Da Silva, La Bataille de la Sécu, Une histoire du système de santé, La Fabrique éditions, 2022, Paris.
[4] Daniel Susskind, Un monde sans travail. Comment les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle reconfigurent le marché du travail, traduit de l’anglais par Céline Alexandre, Paris, Flammarion, 2023
[5] Cyprien Boganda, « Mort au travail : pourquoi cette hécatombe chez les jeunes de moins de 25 ans », in L’Humanité, publié le 27 avril 2026, https://www.humanite.fr/politique/morts-au-travail/mort-au-travail-pourquoi-cette-hecatombe-chez-les-jeunes-de-moins-de-25-ans
[6] Christophe Prudhomme, « Dette de la Sécu : l’arnaque de Macron », article publié dans le Club Médiapart, le 10 novembre 2025, https://blogs.mediapart.fr/christophe-prudhomme/blog/101125/dette-de-la-secu-l-arnaque-de-macron
[7] Eléa POMMIERS, « Qu’est-ce que la retraite par points proposée par Emmanuel Macron ? », in Le Monde, rubrique Les Décodeurs, le 6 avril 2017 : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/04/06/qu-est-ce-que-la-retraite-par-points-proposee-par-emmanuel-macron_5107142_4355770.html
[8] Marie VIENOT, « Retraite par points : une opportunité pour BlackRock, Amundi, Axa IM, BNP Paribas Asset management, etc. », in radio France Culture, émission La Bulle économique, samedi 21 décembre 2019 : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/la-bulle-economique/retraite-par-points-une-opportunite-pour-blackrock-amundi-axa-im-bnp-paribas-asset-management-etc-6759831
[9] « Budget de la « Sécu » : Bruno Retailleau dénonce « un hold-up fiscal » et appelle les députés LR à ne pas voter pour », in Le Monde, avec AFP, dimanche 7 décembre 2025 : https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/12/07/budget-de-la-secu-bruno-retailleau-denonce-un-hold-up-fiscal-et-appelle-les-deputes-lr-a-ne-pas-voter-pour_6656358_823448.html
POUR APPROFONDIR
- Revue Alternatives économiques.
- Blast, émission Long Format, « Qui veut la peau de la Sécurité sociale ? » :
- Arte, émission Les Idées Larges, « La Sécurité sociale a-t-elle besoin d’être sauvée ? », entretien avec Nicolas Da Silva :
- Le Média, émission L’entretien Actu, « De De Gaulle à Macron : sécurité sociale, histoire d’un sabotage », entretien avec Bernard Friot (2021) :
- Sur la Sécurité Sociale de l’Alimentation explorez le dossier en ligne constitué par le Réseau Salariat sur son site internet :
https://www.reseau-salariat.info/groupes/alimentations/
Et sur YouTube : https://www.youtube.com/@RéseauSalariat
POUR CHANGER LA VIE
Le programme de l’Avenir en Commun de la France Insoumise et son livret Santé, disponible en ligne :
* LEXIQUE
ITAF : Taxe et impôts divers dont ceux sur les produits nocifs (tabac, jeux d’argent, alcool)
Participations forfaitaires et Franchises : Prélèvements forfaitaires appliqués sur tous les actes médicaux et paramédicaux ainsi que sur toutes les boites de médicament reçus par un assuré. Instaurées entre 2005 et 2008, leur montant a doublé au printemps 2025 et le gouvernement a évoqué une possible nouvelle augmentation