À Bordeaux, sur la rive droite, partant de la place Stalingrad, la principale avenue porte le nom d’Adolphe Thiers. Mais savez-vous qui est cet Adolphe Thiers dont nous prononçons le nom de manière ordinaire et sans conscience de ce à quoi cela renvoie quotidiennement quand nous nous y donnons rendez-vous, quand nous y faisons nos courses, si nous y habitons, etc.
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Cette page réunie toutes les liens vers les informations que vous devez avoir concernant :
- Qui était Adolphe Thiers, en résumé
- Comment Adolphe Thiers a mis fin à La Commune en mai 1871
- La Commune de Paris, du 18 mars au 28 mai 1871, en résumé
- 2021, un collectif des habitant.es de la Bastide demande que soit débaptisée l’avenue Adolphe Thiers !
- Pourquoi Louise Michel

Qui était Adolphe Thiers, en résumé
Adolphe Thiers, né en 1797 et mort en 1877, a vécu 80 ans et donc presque de bout en bout du XIXe siècle.

Arrivé à Paris à 24 ans, ambitieux et sans fortune — il aurait servi de modèle à Balzac pour le personnage de Rastignac —, journaliste anticlérical et patriote de l’opposition libérale, auteur à succès d’une Histoire de la Révolution française. Il joue un rôle majeur dans la mise en place des régimes politiques successifs ayant suivi l’échec de la Restauration en 1830.
Il contribue aux Trois Glorieuses et joue un rôle décisif dans la mise en place de la Monarchie de Juillet. Élu à l’Académie française, marié et devenu riche, il est député, plusieurs fois ministre et deux fois président du Conseil. Partisan d’une monarchie constitutionnelle dans laquelle « le roi règne, mais ne gouverne pas ».
Après la révolution de 1848, il se rallie à la République et devient l’une des figures du parti de l’Ordre. Opposé au coup d’État du 2 décembre 1851 du futur Napoléon III, dont il avait appuyé la candidature à la présidence de la République en 1848, il ne se rallie pas au Second Empire et commence une longue traversée du désert. Élu en 1863 à Paris, il devient un des principaux orateurs de l’opposition libérale et s’oppose à la guerre franco-allemande de 1870.
En février 1871, après la chute du Second Empire consécutive à la défaite de Sedan pendant la guerre contre la Prusse et l’échec du Gouvernement provisoire de la Défense nationale, il devient « chef du pouvoir exécutif de la République française », c’est-à-dire à la fois chef de l’État et du gouvernement, Jules Dufaure étant vice-président du Conseil.
Adolphe Thiers négocie le traité de paix avec Bismarck et réprime dans le sang l’insurrection de la Commune de Paris.
En août 1871, par la loi Rivet, il devient président de la République française. En mars 1873, il est salué par l’Assemblée nationale comme « le libérateur du territoire ». Son ralliement à une « République conservatrice » provoque en mai 1873 sa mise en minorité par les monarchistes, majoritaires à l’Assemblée nationale, et entraîne sa démission de la présidence de la République.
Mais il a ouvert la voie à un rapprochement de la droite orléaniste libérale et des républicains modérés dirigés par Léon Gambetta, alliance qui, par la voie de l’« opportunisme », va fonder la Troisième République.
[Source : Wikipedia] Si vous avez le temps et l’envie, vous pouvez lire la fiche Wikipedia du personnage intégralement, dont sont tirés les extraits ci-dessus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_Thiers

Comment Adolphe Thiers a mis fin à La Commune en mai 1871
Le Journal L’Humanité déambule avec l’association Les Amis de la Commune de Paris à l’occasion de ses 150 ans :
Visite de Paris sur les lieux des événements de la semaine sanglante par le journal L’Humanité avec Michèle Audin :
Pour en savoir plus sur les événements de la Commune de Paris en 1871, le page internet de Michèle Audin dédiée à ce sujet est foisonnante de sources historiques et de détails :
https://macommunedeparis.com/author/macommunedeparis
Elle a aussi publié :
- Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871, éditions Libertalia, 2019 (ISBN 978-2-37729-086-4) : présentation d’écrits d’Eugène Varlin
- C’est la nuit surtout que le combat devient furieux : une ambulancière de la Commune, 1871, éditions Libertalia, coll. « La petite littéraire », 2020, 128 p. (ISBN 978-2-37729-134-2, lire en ligne [archive]) : présentation d’écrits en partie inédits d’Alix Payen
- La Semaine sanglante : mai 1871, légendes et comptes, éditions Libertalia, coll. « La petite littéraire », 2021, 264 p. (ISBN 978-2-37729-176-2)
- La Semaine de mai, éditions Libertalia, 2022, 580 p. (ISBN 978-2-37729-251-6) : première réédition, annotée, du livre de Camille Pelletan
La Commune de Paris, du 18 mars au 28 mai 1871, en résumé
La Commune de Paris est la plus importante des communes insurrectionnelles de France en 1870-1871, qui dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871.
Cette insurrection, faisant suite aux communes de Lyon et de Marseille, refusa de reconnaître le gouvernement issu de l’Assemblée nationale constituante, qui venait d’être élue au suffrage universel masculin dans les portions non occupées du territoire, et choisit d’ébaucher pour la ville une organisation de type proudhonien, blanquiste et jacobin (des 3 courants de pensée majoritaires de ces insurrections) fondée sur la démocratie directe, qui donnera naissance au communalisme.
Ce projet d’organisation politique de la République française visant à unir les différentes communes insurrectionnelles ne sera jamais mis en œuvre du fait de leur écrasement lors de la campagne de 1871 à l’intérieur dont la Semaine sanglante, marquée par d’importants incendies, constitue l’épisode parisien et la répression la plus célèbre.
La Commune est à la fois le rejet d’un armistice de la France face aux armées prussiennes menées par Otto von Bismarck lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et du siège de Paris, et une manifestation de l’opposition entre un Paris républicain, favorable à la démocratie directe, et une Assemblée nationale à majorité acquise au régime représentatif.
Cette insurrection et la violente répression qu’elle subit eurent un retentissement international important, notamment au sein du mouvement ouvrier et des différents mouvements révolutionnaires naissants. La Commune est de ce fait encore aujourd’hui une référence historique importante pour les mouvements d’inspiration libertaire, communiste et conseilliste, la mouvance révolutionnaire issue du mouvement ouvrier et plus largement pour les sympathisants de gauche, y compris réformistes, ou encore d’autres mouvements favorables à la démocratie directe.
L’implication de nombreuses femmes est également un trait remarquable de cet épisode de la Commune.
18 mars 1871 – Les Parisiens, essentiellement ouvriers, artisans et professions libérales, se soulèvent contre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui veut désarmer la Garde nationale, et empêchent l’enlèvement des canons de la Garde nationale ; le gouvernement quitte Paris pour Versailles.
26 mars 1871 – Élections des membres du Conseil de la Commune.
28 mars 1871 – Proclamation du Conseil de la Commune, surnommé « Commune de Paris », à qui le Comité central de la Garde nationale remet ses pouvoirs.
29 mars 1871 – Pour gouverner, la Commune se dote d’une Commission exécutive, à la tête de 9 commissions.
19 avril 1871 – La Commune présente son programme dans sa Déclaration au peuple français.
1er mai 1871 – La Commission exécutive est remplacée par un organisme plus autoritaire : le Comité de salut public.
16 mai 1871 – Démolition de la colonne Vendôme, considérée comme symbole du despotisme impérial.
21-28 mai 1871 – La semaine sanglante met fin à la Commune de Paris. Procès, exécutions et déportations des prisonniers communards.
[Source : Wikipedia] Si vous avez le temps et l’envie, vous pouvez lire la fiche Wikipedia intégralement, dont sont tirés les extraits ci-dessus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Paris
Arranger: Michel Villard
Conductor: Michel Villard et son Orchestre
Composer, Lyricist: P. Dupont, J.B. Clément

2021, un collectif des habitant.es de la Bastide demande que soit débaptisée l’avenue Adolphe Thiers !

En 2021, année de la célébration des 150 ans de la Commune, un collectif d’habitant.es du quartier de la Bastide de Bordeaux s’est constitué afin de demander que soit renommée l’avenue Thiers du nom de Louise Michel ou Flora Tristan.
Les arguments à faveur de débaptiser l’avenue du nom de Thiers sont nombreux :
- non seulement il est responsable du massacre de la semaine sanglante de la Commune du 22 au 28 mai 1871 (les historiens peuvent attester d’au moins 10.000 morts et plus probablement 30.000),
- mais il a été aussi aux commandes lors de la répression des Canuts de Lyon dans les années 30,
- il était colonialiste,
- et enfin il aurait entretenu des relations sexuelles avec une adolescente.
Pourtant, au début de l’avenue de trois kilomètres qui porte son nom, une plaque mémorielle glorifie son oeuvre politique :

En effet, si Adolphe Thiers négocie effectivement le traité de paix avec Bismarck alors qu’il est « chef du pouvoir exécutif de la République française », c’est-à-dire à la fois chef de l’État et du gouvernement, il est aussi celui qui ordonne la répression sanglante de l’insurrection de la Commune de Paris par l’armée aux ordres du gouvernement, réfugiée à Versailles.
Or, faut-il rappeler que c’est contre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui veut désarmer la Garde nationale, que se mobilise l’insurrection de la Commune afin d’empêcher l’enlèvement des canons de la Garde nationale ; c’est alors que le gouvernement quitte Paris pour Versailles…
Le soulèvement du 18 mars 1871 (qui marque le début de la Commune) est la révolte d’une partie des gardes nationaux et de la population parisienne en réaction à la décision du gouvernement d’Adolphe Thiers de reprendre les canons acquis par les Parisiens pendant le siège de la ville par les Prussiens.
Chef du pouvoir exécutif, Adolphe Thiers est déterminé à rétablir l’ordre à Paris avant que l’Assemblée nationale ne commence à siéger à Versailles le 20 mars. Pour ce faire, il compte s’emparer des canons parisiens de la Garde Nationale, acquis pendant le siège par souscription populaire, et que les gardes nationaux ont installé sur les hauteurs de la ville, de Montmartre à Belleville, mais également sur la place des Vosges.
À travers la Garde Nationale, le peuple avait alors un pouvoir dont il sera déposséder par Adolphe Thiers à l’issue de la Commune jusqu’à aujourd’hui.
Pour mieux comprendre, il faut préciser ce qu’est la garde nationale : elle est fondée en 1789 par un comité d’électeurs parisiens pendant la Révolution française. Elle prend rapidement la forme d’une milice présente dans de nombreuses villes de France pour y assurer le maintien de l’ordre. Si son rôle est limité en province, la Garde nationale de Paris seconde les forces régulières de l’armée et de la police dans le contrôle politique de la ville.
La Garde nationale s’associe parfois aux soulèvements populaires, comme lors des journées révolutionnaires de 1830 et 1848, mais elle peut également défendre l’ordre établi et réprimer l’insurrection comme lors des journées de Juin 1848, si bien que les autorités s’en méfient.
Dès sa naissance, la Garde nationale est une institution républicaine et démocratique par le principe de l’élection de ses cadres et par la constitution de conseils de famille, chargés de l’administration à l’échelon des compagnies, du versement de la solde et des sanctions aux infractions légères.
Le 25 août 1871, à la suite des évènements de la Commune, fut votée la dissolution des gardes nationales dans toutes les communes de France. La loi du 27 juillet 1872 prévoit que « tout corps organisé en armes et soumis aux lois militaires, fait partie de l’armée et relève du ministère de la guerre » (Art. 6). La Garde nationale était ainsi définitivement supprimée.
La fin du droit à l’insurrection contre la tyrannie comme devoir
Le droit de résistance à l’oppression est mis en valeur dans la Déclaration de 1793 : il occupe quatre articles (27, 33, 34 et 35), qui précisent sa forme et son étendue. Même lorsque cette oppression n’atteint qu’un seul individu, la résistance est possible.
La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 juin 1793 reconnaît l’insurrection populaire contre un pouvoir oppressif, tyrannique et despotique comme un devoir. Cet article sert aussi à légitimer les évènements du 10 août 1792, lors desquels la Commune de Paris transformée en Commune insurrectionnelle a obtenu la chute du roi.
L’article le plus cité sur ce sujet est le 35e et dernier : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple, et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».
[Source : Wikipedia] Pour en savoir plus sur les causes de la Commune de Paris, le soulèvement du 18 mars 1871 et la garde nationale, vous pouvez lire intégralement les articles à ce sujet sur Wikipédia.
La Constitution en vigueur en France à ce jour, celle du 4 octobre 1958 qui marque le début de la Ve République, s’adosse dans son préambule à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789… et bien qu’elle réaffirme le principe de « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » dans son article 2 au titre de la souveraineté, elle ne fait plus du tout état d’un quelconque droit ou devoir d’insurrection contre la tyrannie, ni même de droit à la désobéissance civile.
[Source : journal Sud Ouest] POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE COLLECTIF « RENOMMONS L’AVENUE THIERS »
- article journal Sud-Ouest – 29 avril 2021 – Bordeaux : un collectif lance une pétition pour débaptiser l’avenue Thiers,
- article journal Sud Ouest, 28 mai 2021 – Bordeaux : le collectif pour renommer l’avenue Thiers cherche des signataires,
- article journal Sud Ouest, 20 novembre 2021 – Bordeaux : le collectif Renommons l’avenue Thiers sensibilise les habitants de la Bastide,
- article journal en ligne Rue89 Bordeaux, 18 mars 2022 – Pourquoi la mairie de Bordeaux refuse de débaptiser l’avenue Thiers.

Pourquoi Louise Michel
Parce que les femmes ont pris une part importante à l’insurrection de la Commune. Elles ont pris les armes.
En choisissant Louise Michel, nous remplaçons le nom d’un homme politique (encore un), homme de pouvoir, auteur de crimes contre le peuple, opportuniste et libéral, par une femme, femme d’action et de résistance, engagée pour les droits de tous, à commencer par ceux des femmes, à l’instruction, à l’égalité et à la liberté.
Ballade en l’honneur de Louise Michel
de Paul Verlaine (1844-1896)
Extraite du recueil : Amour (1888).
Madame et Pauline Roland,
Charlotte, Théroigne, Lucile,
Presque Jeanne d’Arc, étoilant
Le front de la foule imbécile,
Nom des cieux, cœur divin qu’exile
Cette espèce de moins que rien
France bourgeoise au dos facile,
Louise Michel est très bien.
Elle aime le Pauvre âpre et franc
Ou timide, elle est la faucille
Dans le blé mûr pour le pain blanc
Du Pauvre, et la sainte Cécile
Et la Muse rauque et gracile
Du Pauvre et son ange gardien
À ce simple, à cet indocile.
Louise Michel est très bien.
Gouvernements de maltalent,
Mégathérium ou bacille,
Soldat brut, robin insolent,
Ou quelque compromis fragile,
Géant de boue aux pieds d’argile,
Tout cela son courroux chrétien
L’écrase d’un mépris agile.
Louise Michel est très bien.
ENVOI
Citoyenne ! votre évangile
On meurt pour ! c’est l’Honneur ! et bien
Loin des Taxil et des Bazile,
Louise Michel est très bien.
[Source : https://www.poesie-francaise.fr/paul-verlaine/poeme-ballade-en-lhonneur-de-louise-michel.php]


Nous, indigné.es de Bordeaux, avons décidé de renommer l’avenue Thiers de Bordeaux, du nom d’une femme, Louise Michel, figure majeure de la Commune de Paris.
Nous avons la joie de convier le peuple Bordelais à la cérémonie d’inauguration de l’avenue principale de la rive droite de Bordeaux, samedi 23 mai 2026, dès 10h30, au 2 avenue Thiers, Bordeaux.
L’événement tiendra lieu aussi de commémoration à la mémoire des victimes de la semaine sanglante, épisode meurtrier de la Commune de Paris, s’étant déroulé du 21 au 28 mai 1871.





