Vive la Commune !

À Bordeaux, sur la rive droite, partant de la place Stalingrad, la principale avenue porte le nom d’Adolphe Thiers. Mais savez-vous qui est cet Adolphe Thiers dont nous prononçons le nom de manière ordinaire et sans conscience de ce à quoi cela renvoie quotidiennement quand nous nous y donnons rendez-vous, quand nous y faisons nos courses, si nous y habitons, etc.

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Cette page réunie toutes les liens vers les informations que vous devez avoir concernant :

  1. Les crimes et méfaits du fameux Adolphe Thiers,
  2. Les événements de l’incroyable expérience collective et démocratique que fût la Commune et de la semaine sanglante qui y mit fin du 22 au 28 mai 1871,
  3. La lutte des habitant.es du quartier de la Bastide pour qu’elle soit débaptisée du nom d’Adolphe Thiers et rebaptisée d’un autre nom,
  4. Le récit de l’action du collectif Indignons-Nous de Bordeaux pour renommer l’avenue Thiers à la gloire de Louise Michel et de la Commune, ainsi que l’événement de l’inauguration de la rue qui aura eu lieu samedi 23 mai 2026, soit 155 ans après la semaine sanglante,
  5. Pourquoi le choix de Louise Michel pour renommer l’avenue Thiers ?

Qui était Adolphe Thiers, en résumé :

Adolphe Thiers, né en 1797 et mort en 1877, a vécu 80 ans et donc presque de bout en bout du XIXe siècle.

[Source : Wikipedia]

Arrivé à Paris à 24 ans, ambitieux et sans fortune — il aurait servi de modèle à Balzac pour le personnage de Rastignac —, journaliste anticlérical et patriote de l’opposition libérale, auteur à succès d’une Histoire de la Révolution française. Il joue un rôle majeur dans la mise en place des régimes politiques successifs ayant suivi l’échec de la Restauration en 1830.

Il contribue aux Trois Glorieuses et joue un rôle décisif dans la mise en place de la Monarchie de Juillet. Élu à l’Académie française, marié et devenu riche, il est député, plusieurs fois ministre et deux fois président du Conseil. Partisan d’une monarchie constitutionnelle dans laquelle « le roi règne, mais ne gouverne pas ».

Après la révolution de 1848, il se rallie à la République et devient l’une des figures du parti de l’Ordre. Opposé au coup d’État du 2 décembre 1851 du futur Napoléon III, dont il avait appuyé la candidature à la présidence de la République en 1848, il ne se rallie pas au Second Empire et commence une longue traversée du désert. Élu en 1863 à Paris, il devient un des principaux orateurs de l’opposition libérale et s’oppose à la guerre franco-allemande de 1870.

En février 1871, après la chute du Second Empire consécutive à la défaite de Sedan pendant la guerre contre la Prusse et l’échec du Gouvernement provisoire de la Défense nationale, il devient « chef du pouvoir exécutif de la République française », c’est-à-dire à la fois chef de l’État et du gouvernement, Jules Dufaure étant vice-président du Conseil.

Il négocie le traité de paix avec Bismarck et réprime dans le sang l’insurrection de la Commune de Paris.

En août 1871, par la loi Rivet, il devient président de la République française. En mars 1873, il est salué par l’Assemblée nationale comme « le libérateur du territoire ». Son ralliement à une « République conservatrice » provoque en mai 1873 sa mise en minorité par les monarchistes, majoritaires à l’Assemblée nationale, et entraîne sa démission de la présidence de la République.

Mais il a ouvert la voie à un rapprochement de la droite orléaniste libérale et des républicains modérés dirigés par Léon Gambetta, alliance qui, par la voie de l’« opportunisme », va fonder la Troisième République.

Si vous avez le temps et l’envie, vous pouvez lire la fiche Wikipedia du personnage intégralement, dont sont tirés les extraits ci-dessus : https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_Thiers

Comment Adolphe Thiers a mis fin à La Commune en mai 1871 ?

Le Journal L’Humanité déambule avec l’association Les Amis de la Commune de Paris à l’occasion de ses 150 ans :

Visite de Paris sur les lieux des événements de la semaine sanglante par le journal L’Humanité avec Michèle Audin :

Pour en savoir plus sur les événements de la Commune de Paris en 1871, le page internet de Michèle Audin dédiée à ce sujet est foisonnante de sources historiques et de détails :

https://macommunedeparis.com/author/macommunedeparis

Elle a aussi publié :

  • Eugène Varlin, ouvrier relieur 1839-1871, éditions Libertalia, 2019 (ISBN 978-2-37729-086-4) : présentation d’écrits d’Eugène Varlin
  • C’est la nuit surtout que le combat devient furieux : une ambulancière de la Commune, 1871, éditions Libertalia, coll. « La petite littéraire », 2020, 128 p. (ISBN 978-2-37729-134-2, lire en ligne [archive]) : présentation d’écrits en partie inédits d’Alix Payen
  • La Semaine sanglante : mai 1871, légendes et comptes, éditions Libertalia, coll. « La petite littéraire », 2021, 264 p. (ISBN 978-2-37729-176-2)
  • La Semaine de mai, éditions Libertalia, 2022, 580 p. (ISBN 978-2-37729-251-6) : première réédition, annotée, du livre de Camille Pelletan

La Commune de Paris, du 18 mars au 28 mai 1871, en résumé :

[Source : Wikipedia]

La Commune de Paris est la plus importante des communes insurrectionnelles de France en 1870-1871, qui dura 72 jours, du 18 mars 1871 à la « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871.

Cette insurrection, faisant suite aux communes de Lyon et de Marseille, refusa de reconnaître le gouvernement issu de l’Assemblée nationale constituante, qui venait d’être élue au suffrage universel masculin dans les portions non occupées du territoire, et choisit d’ébaucher pour la ville une organisation de type proudhonien, blanquiste et jacobin (des 3 courants de pensée majoritaires de ces insurrections) fondée sur la démocratie directe, qui donnera naissance au communalisme.

Ce projet d’organisation politique de la République française visant à unir les différentes communes insurrectionnelles ne sera jamais mis en œuvre du fait de leur écrasement lors de la campagne de 1871 à l’intérieur dont la Semaine sanglante, marquée par d’importants incendies, constitue l’épisode parisien et la répression la plus célèbre.

La Commune est à la fois le rejet d’un armistice de la France face aux armées prussiennes menées par Otto von Bismarck lors de la guerre franco-prussienne de 1870 et du siège de Paris, et une manifestation de l’opposition entre un Paris républicain, favorable à la démocratie directe, et une Assemblée nationale à majorité acquise au régime représentatif.

Cette insurrection et la violente répression qu’elle subit eurent un retentissement international important, notamment au sein du mouvement ouvrier et des différents mouvements révolutionnaires naissants. La Commune est de ce fait encore aujourd’hui une référence historique importante pour les mouvements d’inspiration libertaire, communiste et conseilliste, la mouvance révolutionnaire issue du mouvement ouvrier et plus largement pour les sympathisants de gauche, y compris réformistes, ou encore d’autres mouvements favorables à la démocratie directe.

18 mars 1871 – Les Parisiens, essentiellement ouvriers, artisans et professions libérales, se soulèvent contre le gouvernement d’Adolphe Thiers qui veut désarmer la Garde nationale, et empêchent l’enlèvement des canons de la Garde nationale ; le gouvernement quitte Paris pour Versailles.
26 mars 1871 – Élections des membres du Conseil de la Commune.
28 mars 1871 – Proclamation du Conseil de la Commune, surnommé « Commune de Paris », à qui le Comité central de la Garde nationale remet ses pouvoirs.
29 mars 1871 – Pour gouverner, la Commune se dote d’une Commission exécutive, à la tête de 9 commissions.
19 avril 1871 – La Commune présente son programme dans sa Déclaration au peuple français.
1er mai 1871 – La Commission exécutive est remplacée par un organisme plus autoritaire : le Comité de salut public.
16 mai 1871 – Démolition de la colonne Vendôme, considérée comme symbole du despotisme impérial.
21-28 mai 1871 – La semaine sanglante met fin à la Commune de Paris. Procès, exécutions et déportations des prisonniers communards.

La semaine sanglante · Marc Ogeret Autour de la Commune ℗ 1968, Disques Vogue.

Arranger: Michel Villard
Conductor: Michel Villard et son Orchestre
Composer, Lyricist: P. Dupont, J.B. Clément